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«L’art peut troubler vos sensations pendant quelques instants.
Rassurez-vous, le monde sera à peu près dans le même état quand vous sortirez de la salle.»
Extrait de règlement de la République inexistante de Katatonie, Ministère de la culture et du Pis-Aller, par Croûton l'Ancien, alias Muma. |
Ce que l'on voit de la Zaïne
(69 x 123 cm) |
LA TRANSFIGURATION D’UN LIEU COMMUN
J’ai quitté mon Ministère du Pis-Aller et de la Culture pour être interrogé par le tribunal des sept femmes barbues (l’heure de la vérité approche, la fin du livre aussi): visages féroces, corps anguleux, seins en 3D prière de toucher. JE SUIS EN PRÉSENCE DU TRIBUNAL DE L’INJUSTICE DANS LA PEINTURE. Mais de quoi m’accuse-t-on, au juste? De crayonnage diurne? De brouillage intentionnel des pistes? D’incontinence sémiotique? Vœux d’animal. Sueur. Mouille. Je dois parler de moi-même. Je dois avouer qui je suis réellement. Guantánamo est à Cuba mais c’est l’Oncle Sam qui l’administre. Non! Je ne veux pas retourner à l’École des Beaux-Arts! Je suis innocent! A cet instant précis je deviens fou: un.grain.se.ment.de.ce.lul.ner.veus.me.tien.par.les....me.tien.par.les...lafam.se.mwa.per.du.les.seins.siens.d’éfroi.froid.
Les femmes barbues sont des miroirs, l’épouvantail, c’est moi. Je suis devant moi-même, dans le sale temps de l’injustice dans la peinture. Photos. La poésie n’est qu’un mirage, l’art n’est qu’une forme de regard, une relation toute particulière qu’on établit avec... Et puis , à quoi bon? Finie la récréation. Je dois maintenant retourner à l’Octroi, au-delà des remparts, à la périphérie de l’urbanité, de l’autre côté de la barrière, pour y percevoir méthodiquement la dîme que notre société prélève sur la culture, année après année, jour après jour, in sæcula sæculorum amen.
Mémoires anticipés du professeur Croûton l'Ancien, éditions art&fiction, 2004
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